
Photo Vibrio cholerae au micorscope électronique
Le choléra, qu’est-ce que c’est?
Le choléra est une maladie infectieuse intestinale grave, strictement humaine, qui provoque des diarrhées aigües – donc une forte déshydration – et qui peut être mortelle en l’abscence de soins. Elle est provoquée par une bactérie : Vibrio cholerae. Cette bactérie est classée en différentes groupes que l’on appelle des sérogroupes (plus de 200) mais seulement le sérogroupe O1 (parfois O139) est responsable de la maladie. Les sérogroupes sont un ensemble de micro-organismes que l’on regroupe et classe en fonction des caractéristiques de leurs antignènes (voir l’article futur sur les antigènes).
Qui est Vibrio Cholerae? À quelle famille appartient-elle?

photo vibrio cholerae au microscope optique et culture bactérienne en gélose
Vibrio Cholerae est un bacille gram– qui appartient à la famille des Vibrionacae, reconnaissable à leur forme légèrement incurvée. C’est une bactérie très mobile, notamment dans l’eau et l’homme est son hôte strict, à savoir qu’elle ne contamine et ne se développe que dans l’espèce humaine. Celle-ci permet non seulement à la bactérie de se nourir et se reproduire, mais elle lui permet également de se déplacer, notre corps devenant ainsi un véritable moyen de transport.
Comment se transmet la bactérie et comment nous rend-t-elle malade?
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Le vecteur de transmission étant l’humain, la bactérie, très contagieuse, se transmet par l’ingestion d’aliments et d’eau souillés mais aussi par le contact, notamment de mains sales. C’est pourquoi il est important de ne pas déféquer près de points d’eau – notamment dans les pays où le manque d’hygiène permet la prolifération de la bactérie – afin de ne pas créer un cercle de contamination.

Ainsi, le delta du Gange est une source permanente d’apparition et de propagation de nouvelles souches bactériennes, au niveau mondial, du fait de l’interaction permanente entre les populations humaines et le fleuve. Dans les pays en guerre et/ou la famine et le manque d’hygiène sévissent, ainsi que dans ceux où règne une grande pauvreté, le choléra prolifère également très rapidement entraînant des épidémies et une mortalité élevée de la population où il sévit.

Gange : milieu aquatique + activités humaines = prolifération bactérienne et contamination.
De plus, la période d’incubation de la bactérie est très rapide, de quelques heures à cinq jours, ce qui augmente considérablement le nombre de contaminations et la prolifération de la maladie. En outre, 75% des personnes porteuses du germe sont asymptômatiques, tout en étant fortement contagieuses, puisque le bacille est sécrété dans leurs selles jusqu’à deux semaines.
Notons que près d’1,3 à 4 millions de personnes sont infectées chaque année et que l’on compte environ 21 000 à 143 000 décès, bien que ce chiffre est certainement plus élevé du fait de la non déclaration de certains pays (pour des raisons politiques, guerres civiles et autre). L’OMS signale d’ailleurs une nette augmentation du nombre de décès en 2024, notamment chez les jeunes enfants.
Symptômes que nous pouvons avoir :

♦ Nausées et vomissements sans fièvre.
♦ Diarrhée sévère provoquant une déshydratation importante, jusquà 24 litres/jour!
Vous vous trouvez dans une zone à risque et vous avez une diarrhée sévère avec
des signes de déshydratation (pli cutané, soif, diminution des urines, crampes
musculaires …), baisse de la tension, perte de connaissance? Consulter rapidement
un médecin afin de confirmer le diagnostic, limiter la contagion et les
complications. Une prise en charge tardive peut entraîner la mort.
Une coproculture, un examen des selles ou un examen du sang confirmeront la présence de la bactérie dans l’organisme. Cette maladie est à déclaration obligatoire.

L’objectif du traitement est de vous réhydrater soit par perfusion ou par voie orale. La
guérison est rapide et sans séquelles.
Dans les cas graves, une antibiothérapie sera prescrite. Veillez toujours à bien respecter
la dose et la durée du traitement antibiotique même s’il n’y a plus de symptômes. (Voir
article sur l’antibiothérapie – antibiorésistance)
La maladie pouvant provoquer une crise sanitaire, économique, humaine, limiter sa
propagation est très important.
Limiter la propagation de la maladie : prévention et traitement

La transmission se faisant par la consommation d‘eau ou d’aliments contaminés par la bactérie, il est conseillé de :
♦ vérifier que l’eau est bien traitée, potable avant de la boire ou de l’utiliser. En effet,
lorsqu’elle est non traitée, elle n’est pas potable pour l’homme car l’eau naturelle
contient des produits chimiques toxiques, des micro-organismes pathogènes ou
parasitaires, des impuretés nuisibles …. Il est nécessaire d’avoir un traitement des
eaux usées afin de limiter la dispersion des bactéries autour de nous.
♦ Veiller à une bonne hygiène alimentaire : traitement de l’eau avant toute utilisation
alimentaire ; respect des règles de traitement et de stockage de l’eau et des
aliments ; privilégier la consommation de produits cuits.
♦ Bien laver les aliments avec de l’eau traitée.
♦ Améliorer les mesures d’hygiène, les conditions de vie et l’accès à l’eau potable
dans les pays à risque.
♦ Veiller à une bonne hygiène de la personne : se laver les mains avec de l’eau traitée et du savon régulièrement : avant de manger, après avoir été aux toilettes, avant et après la préparation des aliments, bonne hygiène corporelle et vestimentaire lorsqu’on travaille sur un site à risque …
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♦ Prévenir et éduquer la population.
♦ La vaccination : Pour en savoir plus, rapprochez-vous de votre médecin.
Le choléra, sans mesure d’hygiène et sans prise en charge, se propage avec des
conséquences sanitaires, sociales, économiques et humaines, pour les pays touchés, non négligeables.
Pour nous protéger et protéger notre entourage,
Ensemble, imaginons, partageons, éduquons !

Sources bibliographique et web :
Bactériologie systémique II, Lycée de la Martinière.
https://www.pasteur.fr
https://www.futura-sciences.com/sante
https://www.insb.cnrs.fr/
photos :
istock
Ouest France
clevelandclinic.org
