Bien que les femmes aient toujours été présentes dans le développement des sciences et de l’histoire des Idées, elles sont majoritairement ignorées voire niées. L’occasion d’explorer ensemble le rôle essentiel qu’elles ont joué au cours de l’histoire humaine, à travers les siècles, sur les différents continents.
Commençons notre voyage, à travers le temps, et arrêtons-nous au VIème siècle (6ème), avant notre ère, en Grèce antique pour faire la connaissance de Théano de Crotone.
Théano de Crotone, grand mathématicienne méconnue du grand public

Théano de Crotone, venue de Crète, est aujourd’hui bien moins connue que son illustre époux, dont elle fut tout la disciple : le célèbre mathématicien grec antique : Pytagore.
Dans une société patriarcale et mysogyne, Théano parvint à défier les préjugés et les obstacles socioculturels, politiques et institutionnels de son époque pour accéder au savoir et suivre l’enseignement de son aîné – qui devint ensuite son mari – et dont elle poursuivit, entre autre, les travaux à travers son école de pensée, à Crotone, dans le sud de ce qui devint l’Italie. Elle est considérée par beaucoup comme la première mathématicienne du monde antique en Europe.
Un amour pour les mathématiques, la philosophie et la poésie
Passionnée par les mathématiques, Théano se serait particulièrement intéréressée à la géométrie et au nombre d’or, mais aussi à la poésie qui traduit son amour des mots. Son intérêt pour la métaphysique la conduisit à s’intéresser à différentes philosophies et au rôle fondamental des femmes dans le domaine des science. L’éducation des femmes est, en effet, primordial pour s’émanciper et s’affirmer aussi bien dans la sphère privée que publique. Elle écrivit d’ailleurs un ouvrage à ce sujet afin d’aider ses semblables à davantage s’impliquer dans la vie publique. Son traité Sur la pitié – qui est la seul trace écrite que l’on est pu conserver – met en avant les qualités féminines reconnue par l’école pythagoricienne, à savoir le courage, l’intelligence, la justice et la prudence et exhorte ses semblables à les entretenir et les faire valoir.

La spiritualité est aussi très présente dans sa vie. Elle a foi en l’immortalité de l’âme qui guide ses pensées et sa pratique de la sagesse. De plus, le fait d’être la mère des trois enfants, qu’elle a eu avec Pythagore, lui assure une assise dans la société de l’époque et une légitimité dans la poursuite des travaux de son époux. Outre poursuivre la réflexion mathématique pythagoricienne, elle prologera celle-ci dans les domaines de la morale et la médecine. Leurs trois enfants poursuivront l’oeuvre de leurs parents, notamment leur fille Myia dont les travaux philosophiques ont, malheureusement, largement été perdus.

Figure de proue de la science au féminin dans la Grèce antique, Théano a formé et inspiré des nombreuses femmes dont Périctionê, la mère du célèbre philosophe Platon, montrant ainsi que les femmes ont toujours eu une place importante dans l’évolution des sciences et idées, même si leur rôle tend à être minimisé.
Cet article se veut ainsi un hommage à une femme courageuse, intelligente et passionnée…
